JUST (Justice and Union toward Social Transformation)

JUST est un collectif de chercheurs et professionnels de terrain expérimentant des solutions concrètes sur le front de la justice sociale.

L’outil privilégié de l’association est la recherche-action participative.

PROJETS JUST

Les inégalités se creusent, et pourtant elles n’ont rien d’une fatalité.
JUST est un collectif de chercheurs et professionnels de terrain expérimentant des solutions concrètes sur le front de la justice sociale. L’outil privilégié de l’association est la recherche-action participative.

L’action de transformation sociale de JUST est différente de l’action humanitaire classique parce qu’elle part des propositions et implications des personnes concernées, exclues et discriminées ; parce qu’elle soutient des initiatives locales, situées socialement et géographiquement ; parce qu’elle produit du savoir sur les inégalités auxquelles elle s’attaque, et sur les résultats qu’elle produit .

JUST a développé plusieurs actions depuis sa création en 2015 :

Programme communautaire de prévention du psycho-traumatisme pour les demandeuses d’asile (2018 – ce jouR)

  • Cette action innovante d’autosupport et empowerment juridique, psychique et communautaire est portée par deux
    réfugiées syriennes, l’une psychologue spécialisée dans la thérapie de groupe, l’autre artiste spécialisée dans l’art
    thérapie, ainsi que par une juriste française spécialiste du droit d’asile.
  • Elles proposent aux demandeuses d’asiles arabophones des ateliers de six rencontres autour de la procédure d’asile :
    • Deux séances pour expliciter les démarches, les enjeux de la procédure d’asile, menées par une juriste. Lors de ces séances des questions juridiques plus générales sont abordées comme les droits des femmes, le divorce, la garde d’enfance, les outils juridiques face aux violences conjugales, etc.
    • Deux séances autour du récit de vie : ces séances délicates sont accompagnées de manière à donner du sens à la narration, à permettre un retour sur son histoire et une reprise d’ascendant sur celle-ci.
    • Deux séances de travail artistique permettent de sublimer ou au moins d’ajouter une dimension d’expression non verbale au travail cathartique entrepris.
  • Moyens : bénévolat, locaux mis à disposition, 38 000€ de subvention de la Fondation de France.

Lieu de répit (2016 - ce jour)

  • Un collectif et un lieu : le 85 rue Jean de Bernardy, pour co-construire un lieu alternatif d’accueil des personnes vivant avec des troubles psy, de celles qui sont sans abri.
  • Le lieu de répit offre un accueil non médicalisé/psychiatrisé en première intention. La crise est vue ici comme une opportunité de changements améliorant les stratégies en santé de tous les acteurs. Les savoirs expérientiels des personnes doivent être mobilisés, développés et renforcés afin qu’elles acquièrent des nouvelles compétences à la gestion (anticipation et résolution) de leur(s) propre(s) crise(s) et à l’amélioration de leur bien-être.
  • Modèle d’intervention : intentional peer support adapté à la crise, open-dialogue et réduction des risques (adaptation du programme Parachute, New York)
  • Le collectif est ouvert à toute personne intéressée !
  • Une recherche action super participative est en cours. Your welcome. Join us !
  • Partenariat avec MARSS, le GEM les Nomades Célestes, SOLIHA (qui nous loue les locaux)
  • Moyens: immeuble mis à disposition par l’APHM, bail sous location SOLIHA/JUST, fonctionnement : 480 000€ de l’ARS (100 000€ action innovantes, 380 000€ FIR)

Lab zéro : horizon zéro SDF (2017 - ce jour)

JUST s’est fortement engagée auprès du lab zéro, y voyant une magnifique opportunité de hacker des politiques publiques.

  • Le Lab zéro est un laboratoire d’innovation publique qui s’est fixé deux horizons apparemment utopiques : zéro SDF à Marseille, et zéro non-recours aux droits. Les acteurs réunis autour de cette ambition enthousiasmante : institutionnels, associations, militants, ex-usagers ont travaillé ensemble autour d’une page blanche. http://www.lelabzero.fr
    • Un des projets issu de cette réflexion est porté par le SIAO13. Il a pour objectif de redonner son plein sens au mot «urgence» dans l’expression «urgence sociale». La première rupture avec le logement, la première demande est considérée comme une urgence. La personne est mise à l’abri immédiatement, et contribue à l’élaboration d’un diagnostic pluridisciplinaire (juristes, médiateurs, traducteurs, médecins, travailleurs sociaux) de sa situation. Elle est orientée directement vers une solution d’habitat durable. Il s’agit d’intervenir avant que le sans-abrisme entraîne la dégradation des automatismes de la vie dans un chez-soi, altère la représentation de soi, complique les situations sanitaires et sociales. Une recherche-action permettra de définir et d’améliorer cette nouvelle approche, de travailler son positionnement grâce à l’identification des leviers de son efficacité ainsi que des freins existants ; et de produire des données utiles aux pouvoirs publics, en particulier de modéliser l’effet à 10 ans du maintien d’un volet «préventif» sur le nombre de personnes sans-abri.
    • Le prototype de l’autre projet est porté par Yes We Camp, le groupe SOS et Plateaux urbains. Il s’agit de l’occupation temporaire « Bernard Dubois ». Alors qu’on compte plus d’espaces vacants que de personnes SDF à Marseille, le projet vise à ouvrir de manière temporaire – via une convention d’occupation à durée limitée – un bâtiment public vide pour en faire un lieu d’hospitalité hybride. Permettre à la fois de loger des personnes sans-abri et d’être un lieu de vie sociale (étudiants, associations, artistes…) de culture et d’activité économique. Un mode opératoire gagnant pour tous – pouvoirs publics, acteurs associatifs, sans-abri et riverains – qui s’inspire d’expériences ayant fait leurs preuves comme Les Grands Voisins à Paris, ou le 123 rue Royale à Bruxelles.
  • Prototype et actions « occupation temporaire » et « urgences sociales » : 25 000€

 

Les diplômés de la vie » : Auto-support dans l’accès au logement des plus démunis (2016-2018)

o Accès au logement grâce à l’accompagnement de bénévoles (principalement pairs), aux bonnes volontés de propriétaires particuliers, et aux dispositifs de droit commun (FSL)
o Permanences tous les vendredis à Marseille
o Moyens : bénévolat et 3000€ par an pour 2 ans (Subvention de la Fondation Abbé Pierre)

Avec « les diplômés de la vie », JUST propose d’accompagner des personnes en grande précarité dans l’accès au logement en se positionnant comme intermédiaire avec des propriétaires qui acceptent, du fait de l’existence de l’association et du soutien qu’elle apporte au locataire, de signer un bail avec les personnes proposées par l’association. Ainsi, des particuliers propriétaires sont approchés par les membres des « diplômés de la vie », et s’engagent dans la démarche de manière informée et donc militante. L’association s’appuie ensuite sur des dispositifs d’accès au logement existants, comme le fond de solidarité logement (FSL), et accompagne les locataires dans leurs démarches : signature du bail, FSL pour la garantie et le 1er mois de loyer, CAF pour les allocations logement, assurance, eau et électricité.

Les membres des « diplômés de la vie » sont des citoyens bénévoles, pour la plupart ayant vécu des situations de grande précarité, et qui, de part l’expérience qu’elles ont des dédales administratifs et de l’incompréhension que le système peut avoir de certaines spécificités individuelles, font le pari que les futurs locataires sont prêts à habiter, et que l’accompagnement offert par l’association, compréhensif, et basé sur un rapport d’égal à égal, permet l’accès et le maintien dans le logement.
Les personnes qui deviennent locataires peuvent à leur tour devenir membres de l’association, s’impliquer dans la dynamique d’auto-support et faire profiter les autres de leur expérience.
L’association « les diplômés de la vie » s’inspire du collectif des personnes SDF de la région lilloise, et est née de la rencontre avec son Président Gilbert Pinteau. 4 ans après sa naissance, le collectif SDF de Lille a relogé plus de 180 personnes.
A Marseille, 35 personnes ont été relogées par les « diplômés de la vie », avant que l’action soit reprise par le SIAO13 pour être amplifiée au sein d ‘un plus faste programme de mobilisation de logement : le PAPS “Particulier à particulier solidaire”.

Refugees Welcome – Greece » : Action d’hébergement de personnes refugiées par des personnes volontaires (2015-2016)

o Site internet mettant en relation les offres de colocation et les demandes
o Plus de 100 familles accueillies et expérimentant le vivre ensemble
o Moyens : bénévolat et 150€ (Dons)
o L’initiative a été reprise par les ONG locales

JUST a coopéré avec le site internet http://www.refugees-welcome.net/, et permis le déploiement de l’action en Grèce, où les conditions d’accueil des réfugiés sont particulièrement dramatiques.
Le site http://www.refugees-welcome.gr a été mis en ligne le 5 Octobre 2015, et a bénéficié d’une excellente couverture médiatique, avec plus de 20 articles de presse et 4 émissions de télévisions (3 chaînes grecques, BBC).
Grâce à cette action, plus de 100 familles ont été accueillies, avant que les ONG locales ne reprennent la gestion du site pour amplifier l’action.

Etat de santé des personnes accueillies en hébergement d’urgence (2016)

Etude réalisée à l’UHU la Madrague-Ville à Marseille et permettant d’avoir une meilleure connaissance des personnes hébergées par les foyers d’hébergement d’urgence, de leur situation sociale, de leur santé, de leurs besoins, de leurs ressentis.
o 30 bénévoles présents de 6h à 9h et de 19h à 22h pour rencontrer toutes les personnes hébergées dans toutes les langues, et faire un diagnostic global, médical et social.
o Production d’un rapport et de propositions
o Moyens : bénévolat et 6000€ (Financement DDCS – Direction Départementale de la Cohésion Sociale).

L’Unité d’Hébergement d’Urgence La Madrague Ville à Marseille est l’un des plus important foyer d’urgence de France. Ce foyer doit déménager à moyen terme, aussi JUST a souhaité poser ouvertement la question de son efficacité.
En effet, les usagers s’accordent pour dire que ce type de structure est au mieux inefficace sur leurs parcours, au pire toxique.
Pour documenter les situations des personnes accueillies, JUST a constitué une équipe faite de chercheurs, de médecins et de personnes qui travaillent sur le terrain de la précarité autour d’une recherche action dont le premier volet a été quantitatif et ethnographique.
Une étude rigoureuse a été développée avec le laboratoire de santé publique (EA3279-Aix Marseille Université). Grâce à l’intervention sur 4 jours de plus de 30 bénévoles : médecins, travailleurs sociaux, traducteurs, psychologues, nous avons obtenu des données objectives sur la situation sanitaire et sociale du public hébergé dans ce lieu.
Le volet ethnographique nous a permis de nous centrer sur la vie quotidienne des hébergés et de décrire le plus fidèlement possible la manière dont ils perçoivent leur réalité.
Par cette approche mixte, nous avons pu apporter des arguments à l’éclatement de l’hébergement d’urgence en petites structures plus efficientes et moins maltraitantes.

COMPLEMENTARITE AVEC l’équipe de rue MARSS – APHM (2015 - CE JOUR)

La création d’une Équipe Mobile de Santé Mentale – Précarité originale a été permise en 2007 par un partenariat entre l’AP-HM et Médecins du Monde. L’équipe MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Sanitaire et Social) tente de répondre à une problématique sanitaire et sociale complexe : améliorer l’accès aux soins, au logement et à la citoyenneté des personnes présentant des troubles psychiatriques sévères et vivant dans la rue. Cet objectif est d’ailleurs l’un des axes prioritaires des politiques de Santé Publique définies par la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique (santé mentale, lutte contre l’exclusion, réduction des inégalités de santé).
Les missions de MARSS sont denses, diverses et sortent des pratiques classiques de l’hôpital. JUST intervient pour permettre à l’équipe MARSS d’accomplir plus facilement sa dimension communautaire, participative, et expérimentale.
Plus d’information sur l’équipe MARSS sur le site internet: http://marssmarseille.eu/

Soutien aux lieux de vie par nécessité (2016 - CE JOUR)

o Réseau, aide à la sécurisation des lieux de vie
o Moyens : bénévolat, recrutement de deux médiateurs, budget de 15000€ par an pour 2 ans (Fondation Abbé Pierre).

Le squat est une solution bricolée, une tentative d’agir occasionnée par l’immobilité des pouvoirs publiques sur la question pourtant brûlante du mal-logement. JUST milite pour la réquisition de lieux vides pour des personnes non logées ou mal logées, et intervient auprès des squats de pauvreté.

JUST intervient auprès des personnes vulnérables habitant des bâtiments inoccupés par nécessité, pour améliorer avec eux leurs conditions de sécurité, de vie et « d’habiter ».
L’association travaille pour constituer un réseau autour de ces lieux, à la fois en renforçant et cordonnant les interventions déjà réalisées par des partenaires, et en mobilisant de nouveaux acteurs si nécessaire.
JUST vise à changer les représentations autour « des lieux de vie précaires », par des actions médiatiques locales comme de médiation avec les habitants et le voisinage par exemple.
Force de plaidoyer, JUST alimente les projets du lab zéro grâce aux recommandations des personnes concernées par la vie en squat et dans la rue.

Evaluation d’un programme d’accompagnement à et dans l’emploi pour les personnes vivant avec des troubles psychiques complexes (2016)

o Recherche action autour de l’intervention Working First 13, évaluation de la stigmatisation auprès des employeurs avant et après WF13, et de l’auto-stigmatisation avant et après l’accès à l’emploi
o Obtention du Prix de la Fondation Falret pour ce projet de recherche – Avril 2016
o Moyens : bénévoles, chercheurs, participation des usagers, 10000€ (Fondation Falret)

Parrainage du GEM "Les Nomades Célestes" (2018 - ce jour)

L’association “les Nomades Celestes” est un Groupe d’Entraide Mutuelle pour les personnes en grande précarité qui vivent avec des troubles psychiques à Marseille.

https://nomadescelestes.wordpress.com>JUST est liée par une convention de parrainage au GEM “les Nomades Célestes” depuis avril 2018, le parrainage étant un des points du cahier des charges des GEM (arrêté du 18 mars 2016).

En tant que marraine des Nomades Célestes, JUST se porte garante du respect du cahier des charges et de l’éthique des Nomades, à savoir la recherche de l’autonomie de ses adhérents.

Elle se positionne en soutien et ne se substitue pas au GEM, sauf en cas d’urgence manifeste, intervient notamment en cas de difficultés et/ou de conflits, mais aussi, si besoin, pour rappeler les obligations résultant du cahier des charges.

Les Nomades Célestes et JUST fondent cette forme de partenariat sur deux éléments qui en conditionnent le maintien : la culture commune des deux parties (autour du rétablissement, de l’approche capacitaire, ainsi  que de l’auto-support…) et la volonté de non-ingérence de JUST dans le développement des projets des Nomades Célestes, qui sont pilotés en toute autonomie.

Moyen : convention de partenariat ; liens forts entre les associations et en particulier leurs adhérents et bénéficiaires, en lien avec les actions menées